torpeur

Torpeur

Fin de journée. Torpeur d’été. Un vent brûlant secoue les arbres. Feuilles jaunies. Beaucoup sont déjà tombées. Soleil d’août. Ombres qui s’allongent. Lumière qui change.

Étendu sur le transat. Un roman à la main. Les vacances s’achèvent.

Tout est cramé. Le sol. L’herbe. Canicule oblige. Alerte rouge. Personne ne bouge. Fait trop chaud. Quelques sons attirent l’attention. Les arbres qui bruissent. Un oiseau qui s’envole. Une pomme de pin qui s’écrase.

Surtout ne toucher à rien. Tout doit rester à l’identique. Profiter de l’instant. Les couleurs. La chaleur. Le calme. Tout mémoriser pour plus tard. Lorsque les vacances seront terminées. Dans trois jours.

C’est fou comme un mois passe vite. Malgré la canicule. Malgré l’ennui. Les journées s’enchaînent. Inexorablement. Toutes semblables. Aussi arides les unes que les autres. Les projets s’effilochent. Et cette torpeur qui vous colle à la peau. Cette insatisfaction. Ces regrets. Les « j’aurais dû faire ça ». Les « j’aurais dû aller là ». Les « j’en ai pas assez profité ».

Quelques souvenirs surgissent. De plages. De balades. D’apéros. De repas. De discussions. D’errances. De coquillages. De rochers. De vent. De baignades. De plaisirs. De lectures. D’écritures. De parfums. Que d’instants précieux à conserver ! Bien au chaud.

Et déjà la nostalgie s’installe. Le sentiment d’inachevé. Le pincement au cœur qui vous surprend. À peine identifiable. Légère amertume. Une envie de rompre avec le quotidien. De prolonger l’instant. De passer à autre chose. La tentation de tout plaquer, de repartir à zéro.

Image par Candice de Pixabay

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